Je sens quelque chose de lourd qui vient de s'abattre de plein foué sur moi. Qui peut me faire chier dès le matin. J'ouvre les yeux. Ah ! Et merde, le soleil en plein dans les yeux, j'ai complètement oublié de fermer les volets hier soir. Premier réflexe : Plonger ma tête dans mon coussin méga moelleux.
_Les filles !! Il est l'heure de se lever. Il est 11 heures.
Putin ! Excuser moi, mais quand on vient me souler le matin pendant les vacances, je suis rarement de bonne humeur. Même si CE quelqu'un est grand, un piercing au labret avec des dreads sur le crane, et du genre plutôt beau gosse,...
_Tom !!! Dégage de mon lit tout de suite !
Mais quel boulet ce mec ! Incroyable.
_C'est Bon Tom tu peux dégager, on est réveiller là !!
_Ok, Ok pas la peine de m'agresser hin'.
Je ne préfère rien ajouter. Je suis déjà assez soulé pour la journée. Je descends dans la cuisine, prendre mon petit déjeuner, première chose que je fais le matin, et première chose que je déteste, mais on m'a toujours obligé à manger le matin alors par habitude... Je ne prends même pas le temps de m'habiller. Si sa pose un problème de me voir en T-shirt Pucca et mon bas de pyjama à cerises, oui parce que je tiens à préciser que mon bas de pyjama à des cerises et qu'il n'a rien avoir à mon T-shirt Pucca, et bien tempi.
_Oh, je vois que la joie de vivre est présente dès le matin...c'est vraiment cool.
_Tom, déjà que tu me fais chier avant même que je me réveille, tu apprendras que l'ironie ce n'est pas mon truc.
_Bonjour les gens.
Je lève la tête de mon bol de chocolat et vois Bill entrer. Apparemment lui aussi vient de sortir du lit, vu le look qu'il arbore. Cheveux lisses mais complètement en batailles, les yeux mal démaquillés, et pour seul habille : un boxer. Pas mal je dois dire.
_Salut, bien dormi ?
_Oui, oui et toi ?
_Euh très bien jusqu'à ce que ton frère décide de le stopper d'une manière très...
_Il me fait souvent le coup.
_Ben je te pleins hin'.
On rigole tous les deux, tout en déjeunant. Tom lui fait son boudin. Monsieur voulait « juste rigoler » comme il le disait si bien. Et comme je ne l'ai pas pris de la même manière il fait son petit boudin de gamin de 5 ans. Vous voyez le genre...Bras croisés, la bouche légèrement relevé, ...enfin vous l'avez tous fait une foi dans votre vie.
Après avoir rempli mon ventre, je pars prendre ma douche. D'ailleurs c'est en chemin que je me rends compte que je n'ai pas vue Gustav encore. Et comme je le connais il ne doit pas être au lit. S'il y en à un qui peux se lever à l'aube, c'est bien lui. Pas nette ce mec.
Je vous passe les détailles de ma douche, rien de bien exceptionnelle. Malheureusement se n'est que trop tard que je me rends compte d'une chose. C'est en sortant de la douche, que je comprends que je pense à tout sauf...aux choses importantes. J'ai emmené avec moi : une serviette, ma trousse de maquillage, produits et soins en tout genre et mon portable. Trouvé le truc qui manque. Ben tiens, mes habilles peut-être. C'est sur que le portable c'est important...surtout quand on est sous la douche.
En parlant de portable il vibre. Hihi, j'ai des amis.
_Ouiiiii, Allô ?
_Bonjour ici moi, ici ta meilleure, ici ta Marion, ici...
_Euh, permet moi de te couper, tu compte me faire tous tes surnoms ou bien... ?
_Ah comme je suis contente de t'avoir au téléphone.
J'adore les conversations avec elle au téléphone. On se comprend et c'est sa qui est génial.
_Alors que fait tu de beau sans ta meilleure amie que tu laisse moisir dans son trou pommé ?
_Hé, déjà ce n'est pas de ma faute si mon papounet voulais pas que tu viennes avec, hin'.
_Ouai ben même. Bon alors tu fais quoi de beau chez ta tantounette ?
_Et bien, je suis en compagnie de 4 jeunes garçons. Dont un que tu serais contente de voir...
_Nooon, arrête il est aussi là ?!
_Et bien oui je te rappelle que chez ma « tantounette » il y a aussi ton gustavinou hin'.
_Oh arrête de te moquer de moi.
_Bon ma-best-taré-of-love-of-my-life-for-ever, ce n'est pas que je ne t'aime pas, ou que je n'aime pas notre conversation, mais je suis en serviette, à peine sortie de la douche, et faut que je joue à mission impossible pour récupérer mes fringues.
_Non, t'as encore oublié de prendre tes habilles avec toi...espèce de pas doué.
_Bon je te rappelle ce soir ou demain, et on essaye de se tenir au courant pour que tu viennes ici.
_Ok, sa marche. Je t'aime fort. Bisous
_Je t'aime aussi, bisous.
C'est ainsi que notre super discutions fut abréger. Je repose mon portable sur l'une des étagères de la salle de bain, et m'entour correctement de ma serviette. Avec 4 mecs dans une baraque, il vaut mieux assurer de ce côté-là.
Je m'approche de la poigné de la porte pour sortir, mais celle-ci s'ouvre avant que je ne touche à quoi que se soit.
_Oups. Désolé, je croyais que la salle de bain était libre.
Là, ce n'est vraiment pas ma journée. Bill se trouve devant moi, les joues rosies de gène de me voir en tenu plutôt légère. Moi sa doit être encore pire. Je dois être rouge comme une tomate. La honte !
_Je...
_Non, laisse c'est bon je reviendrai quand tu auras fini. Me coupa Bill en repartant directement sans rien ajouter.
Je cours dans ma chambre pour ne rencontrer personne, avec la chance que j'ai aujourd'hui on ne sait jamais.
Après que tout le monde ce soit douché, habillé, que Gustav soit rentré de je ne sais où, nous optons tous pour passer une journée tranquille qui ne va se résumer qu'à regarder des films avec de la bouffe mal saine. Une journée de no life. J'aime.
Nous nous installons tous sur le canapé. Gustav s'occupe de fermer les volets, pour que l'on soit dans une ambiance tamisé. Je me retrouve entre Bill et Georg.
_Bill, sa te dérange si je pose ma tête sur tes jambes ?
_Non, non vas-y fait toi plaisir.
_Merci. Georg, mes jambes te dérange ou pas ?
_Oui, très chère.
_Et bien tempi monsieur, je les laisse.
Hiiii, sans gène, je prends toute la place sur le canapé. Georg ne se retient pas de me tirer la langue pour protester.
_Cache ta langue, elle n'est pas belle.
_Mouè, c'est sa. Jalouse.
Je souris. Il est adorable. Vraiment le mec qui ne se prend pas la tête pour des conneries. Je pense qu'on va bien s'entendre.
Nous n'avions pas encore décidé par quel film nous allions commencer, et se fut franchement la grosse galère de trouver: On a tous des gouts différents. Génial, vive les points communs.
Pendant le film, personne ne parlait, tout le monde était plongé dans l'histoire. Je crois que je suis l'intrus. « Sauvez Willy » n'arrive pas à me captiver aujourd'hui. En même temps, je crois que c'est cette main dans mes cheveux qui me procure cette sensation de déconcentration totale. Je vais finir par m'endormir tellement j'adore ce petit massage.
Je lève mes yeux pour regarder Bill. Ce mec est carrément magnifique. Un visage parfait. Avec ces yeux d'un noir absolu. Sa me fait fondre. Mais pas la peine de se faire de film à son sujet, il est pris. Son c½ur est déjà partagé, j'envie cette personne.
Bill fini par baisser les yeux, se sentant surement observé. Notre regard se croise. On s'observe quelques secondes, puis je fini par casser notre « lien » en fermant les yeux.
Je ne veux pas m'accrocher, sa fait bien trop mal. Et pourtant, en deux jours que je suis arrivé chez ma tante, je ne fais que sa. J'essaye de combler un vide qui existe depuis peu. Je sens une larme traverser ma tempe mais qui ne finira pas son chemin, quelqu'un vient l'arrêter. Bill.
Il faut que je sorte. Je sens les larmes venir. Je me lève du canapé discrètement pour ne pas déranger les autres, et sors de la maison. S'aillé, les larmes coulent sur mes joues. Je ne cherche pas à les arrêter ou même à les essuyer. Je marche, m'éloignant de la maison. La tête baissée, les mains dans mes poches de pantalon.
Je fini par m'arrêter dans un parc. Je m'assois sur un banc. D'ici je vois quelques personnes, des enfants avec leur parents. Le sourire aux lèvres. Ils ont l'air si heureux, si aimant. J'aimerai être à leur place. Mais peut-être que je n'ai pas droit ou plus le droit à CE bonheur. Celui de pouvoir vivre de magnifiques moments avec nos deux parents. Avec son père. Et sa mère.
_Tien
Quelqu'un me sort de mes pensées. Il est à côté de moi me tendant un mouchoir pour essuyer mes larmes.
_Merci.
Je ravale mes sanglots. Et tente de lui faire un sourire, ce qui à mon avis ne donne pas grand-chose.
_Tu veux parler ?
Parler. On ne me l'a pas encore demandé. Mais peut-être que cela me ferai du bien, au moins un petit peu.
_Que veux-tu savoir ?
_Se qui te met dans cet état. Je ne te connais pas, enfin pas vraiment, mais je vois bien qu'il y à un truc qui cloche derrière tes beaux sourires.
_Hum...tu as raison.
_Raconte moi.
En me disant sa, il me prend la main, comme pour me rassurer.
_Alors, par où commencer...Hum, ma s½ur et moi sommes parties en vacances chez notre mère, mais parents étant divorcés, je ne la vois que pendant les vacances. Je me faisais une joie d'y aller, malheureusement se ne fut pas son cas. Pour elle*, nous étions synonyme de dérangement. Au bout d'une heure, elle a commencé à s'énerver contre ma s½ur, l'insultant, lui disant des choses qu'on ne dit pas à ses enfants. Puis se fut à mon tour. « Si je ne me fais pas chier avec un mec, se n'est pas pour me faire chier avec des gosses ». C'est la dernière phrase que j'ai entendue de sa part. Parce que plus aucune insulte ne pouvait autant nous blesser, me blesser. Nous avons fait nos valises et sommes parties. Elle nous a balancé « je vous dis adieu parce que je ne pense pas que l'on se reverra » en guise d'au revoir. Après sa, nous avons appelé notre père, qui est venu nous chercher. La suite tu connais, nous sommes venues ici pour « oublier ». Mais crois qu'intérieurement, je ne veux pas oublier, parce que pour oublier il faut pardonner. Et sa je ne le peux pas. Je ne veux pas pardonner cette personne qui se doit juridiquement être ma mère. Voila tu sais maintenant qu'elle est cette chose que me rend si malheureuse. Cette chose qui me brise le c½ur.
Il me regarde en silence, n'osant surement rien ajouter. Pendant ma longue tirade, il n'a rien dit, ne m'a pas couper, il m'a juste écouté en me tenant la main. Et je lui en suis reconnaissante.
_Tu ne mérite pas sa. Ta s½ur ne mérite pas sa. Sache que si tu as besoin d'une épaule sur qui t'appuyer je serai là.
_Merci Bill.
Puis, il finit par me prendre dans ces bras. Je ne sais combien de temps nous restons comme sa, mais je m'y sentais vraiment bien. Aujourd'hui, j'ai trouvé quelqu'un sur qui je peux compter, en qui je peux avoir confiance. Du moins, je l'espère.
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